10 façons d’apprendre à votre enfant à se protéger des abus sexuels | Upbility FR

Parler de façon directe des différentes parties du corps et leur apprendre à ne pas avoir de secrets peut aider à protéger les jeunes enfants sans les effrayer

Natasha Daniels

Nous apprenons à nos enfants toutes sortes de choses pour les protéger. Nous leur apprenons à faire attention au feu sur la cuisinière, nous leur apprenons à regarder des deux côtés en traversant la rue. Mais très souvent, la protection de son propre corps n’est abordée qu’à un âge plus avancé, ce qui est parfois trop tard. Les recherches menées par le CDC (Centre for Disease Control = Centre de contrôle des maladies) estiment qu’environ 1 garçon sur 6 et 1 fille sur 4 est victime d’abus sexuels avant l’âge de 18 ans. Et pour compliquer les choses, selon le ministère américain de la Justice (US Department of Justice, nsopw.org), seulement 10 % des agresseurs sont des personnes inconnues de l’enfant et 23 % de ces agresseurs sont des enfants eux-mêmes.

Ces statistiques ne sont pas surprenantes. Dans mon métier, je rencontre chaque semaine des enfants qui ont été victimes d’abus sexuels. Beaucoup d’entre eux ont moins de cinq ans. Presque tous connaissaient leur agresseur et souvent, cet agresseur était un autre mineur.

Les parents me disent fréquemment qu’ils n’auraient jamais pensé qu’une telle chose puisse leur arriver, qu’ils ne laissent jamais leurs enfants avec des personnes inconnues, qu’ils ne quittent jamais leurs enfants des yeux.

Est-ce que votre enfant va jouer chez des copains ? Va-t-il à la crèche ou à l’école maternelle ? Recevez-vous des amis ou de la famille chez vous ? Vos enfants vont-ils jouer chez les voisins ? En réalité, il est impossible d’effacer tout à fait le risque que votre enfant soit un jour victime d’un abus sexuel.

Les enfants que je suis dans mon travail viennent de tous les quartiers, de foyers stables et vont dans de très bonnes écoles. J’ai vu des enfants qui ont été victimes d’agressions sexuelles quand ils jouaient chez leurs copains, dormaient chez quelqu’un, pendant la classe, dans une aire de jeux, pendant le ramassage scolaire, dans leur chambre et dans leur jardin.

Nous pouvons donner aux enfants les armes nécessaires pour les aider à se protéger.

Je sais que je vous fais sans doute peur, alors essayons de trouver des solutions. Nous devons permettre à nos enfants d’explorer le monde et d’interagir avec d’autres. Nous pouvons aussi les armer des connaissances nécessaires pour les protéger et éviter qu’ils ne deviennent des victimes.

Les parents ne parlent pas toujours à leurs enfants de la manière de protéger leur propre corps. Ils pensent que ceux-ci sont trop jeunes, que cela leur fera peur. Mais il n’est jamais trop tôt, et cette conversation n’est pas forcément effrayante. Voici 10 conseils qui peuvent aider votre enfant à être moins vulnérable face aux abus sexuels: 

  1. Nommez les parties du corps très tôt.

Nommez les parties du corps et parlez-en très tôt avec vos enfants. Utilisez des noms pour nommer ces parties du corps, ou du moins, apprenez à votre enfant les termes corrects pour désigner les endroits de son corps. Je ne compte pas les petites filles que j’ai rencontrées qui appelaient leur vagin les « fesses ». Si un enfant est à l’aise quand il dit ces mots et qu’il sait ce qu’ils veulent dire, il pourra plus facilement raconter de façon précise quelque chose de déplacé qui lui est arrivé.

  1. Apprenez-leur que certaines parties du corps sont intimes.

Dites à vos enfants que leurs parties intimes sont privées et que personne ne doit les voir. Expliquez-leur que Maman et/ou Papa peuvent les voir nus, mais que personne en dehors de la maison ne doit les voir sans leurs vêtements. Expliquez-leur que le docteur a le droit de les voir sans leurs vêtements parce que Maman et/ou Papa est là avec eux, et que le docteur examine leur corps.

  1. Apprenez-leur les limites à ne pas dépasser.

Dites clairement à votre enfant que personne ne doit toucher leurs parties génitales et intimes, et que personne ne doit leur demander de toucher les parties intimes de quelqu’un d’autre. Les parents oublient souvent la deuxième partie de cette phrase. Un abus sexuel débute souvent par un agresseur demandant à un enfant de le toucher ou de toucher quelqu’un d’autre.

  1. Dites à votre enfant que les secrets liés au corps sont de « mauvais secrets ».

La plupart des agresseurs vont dire à l’enfant de garder le secret après un abus. Cela peut être dit d’une façon amicale : « J’adore jouer avec toi mais si tu dis à quelqu’un qu’on a joué ensemble, on ne me laissera plus revenir ». Ou bien, cela peut prendre la forme d’une menace : « C’est notre secret. Si tu en parles à quelqu’un, je dirai que c’était ton idée et tu te feras punir ! ». Dites à vos enfants que, quoi que quelqu’un leur dise, les secrets qui ont rapport au corps ne sont pas de bons secrets et que si une personne leur demande de garder un secret lié au corps, ils doivent toujours en parler à leurs parents.

  1. Dites à votre enfant que personne ne doit prendre de photo de leurs parties intimes.

Les parents oublient souvent ce conseil. Il existe des pédophiles qui prennent des photos d’enfants nus et qui les vendent sur internet. C’est une pratique répandue qui pose un risque pour tous les enfants. Dites bien à vos enfants que personne ne doit jamais prendre de photos de leur parties intimes.

  1. Apprenez à vos enfants à se sortir de situations où ils ont peur ou sont mal à l’aise.

Certains enfants n’osent pas dire « non », surtout à des enfants plus âgés qu’eux ou à des adultes. Précisez à vos enfants qu’ils peuvent tout à fait dire à un adulte de partir si quelque chose de déplacé se passe, et aidez-les à trouver les mots pour se sortir de situations où ils sont mal à l’aise. Dites à vos enfants que si quelqu’un veut toucher leurs parties intimes, ils peuvent répondre à cette personne qu’ils doivent y aller car ils ont besoin d’aller faire pipi, par exemple.

  1. Ayez un mot-code que vos enfants peuvent utiliser s’ils se sentent en danger ou veulent qu’on vienne les chercher.

Quand les enfants sont un peu plus grands, vous pouvez leur donner un mot-code à prononcer quand ils se sentent en danger. Ce mot peut être utilisé à la maison, quand vous recevez des gens ou quand ils vont jouer ou dormir chez quelqu’un.

  1. Rappelez à vos enfants qu’ils ne se feront jamais punir ou gronder s’ils vous révèlent un secret lié au corps.

Les enfants m’avouent souvent qu’ils n’ont rien dit car ils avaient peur qu’on les gronde ou les punisse aussi. L’agresseur se sert souvent de cette peur. Dites bien à vos enfants que, quoi qu’il se passe, lorsqu’ils vous révèlent quelque chose qui a trait à la protection de leur corps ou un secret lié au corps, ils ne se feront JAMAIS gronder ou punir.

  1. Dites à vos enfants qu’un contact physique peut être agréable.

Beaucoup de parents et de livres utilisent les termes « bon contact » et « mauvais contact » mais cela peut porter à confusion car souvent ces derniers ne font pas mal et ne sont pas désagréables. Je préfère le terme « contact secret », car cela reflète mieux la réalité de ce qu’il se passe durant un abus.

  1. Rappelez à vos enfants que ces règles s’appliquent même aux personnes qu’ils connaissent, ainsi qu’aux autres enfants.

Ce point est très important et doit être abordé avec les enfants. Quand on demande à un enfant de décrire un « méchant », celui-ci va décrire probablement un personnage méchant de dessin animé. Vous pouvez dire par exemple : « Maman et Papa touchent parfois tes parties intimes quand ils te lavent ou te mettent de la crème, mais personne d’autre n’a le droit de te toucher à ces endroits. Ni tes amis, ni les tantes ni les oncles, ni les enseignants, ni les entraîneurs sportifs. Même si tu aimes bien ces personnes ou qu’elles ont de l’autorité, elles ne doivent jamais toucher tes parties intimes. »

Je ne suis pas naïve et je sais bien que ces conversations ne supprimeront jamais complètement le risque d’abus sexuels, mais le savoir est une arme puissante, surtout pour les enfants jeunes qui peuvent être la cible de certains abus à cause de leur innocence et ignorance dans ce domaine.

Sachez aussi qu’une seule conversation ne suffit pas. Trouvez le temps de répéter ces messages de façon naturelle, par exemple au moment du bain ou quand vos enfants se promènent nus. N’hésitez pas à partager cet article avec vos proches et vos connaissances pour diffuser ce message de protection.

Cet article a été publié pour la première fois sur le site de Natasha Daniels, Anxious Toddlers.

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