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Situations sociales pour les adolescents avec un TSA

Trouble de l'oralité autisme : Comprendre et accompagner les enjeux

Trouble de l'oralité autisme : Comprendre et accompagner les enjeux

Troubles de l'oralité et autisme : Stratégies concrètes pour accompagner votre enfant au quotidien

Les repas peuvent devenir une source de stress et d'incompréhension pour de nombreuses familles dont un enfant présente un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Loin d'être de simples caprices, les difficultés alimentaires sont extrêmement fréquentes : plus de 80 % des enfants autistes sont concernés. Ces défis, regroupés sous le terme de troubles de l'oralité alimentaire, découlent directement des particularités sensorielles et neurologiques propres à l'autisme. Comprendre leurs mécanismes est la première étape pour mettre en place un accompagnement bienveillant et efficace. Cet article vous propose des clés de compréhension et des stratégies concrètes pour transformer le quotidien de votre enfant et apaiser les moments de repas.

Points Clés

  • Les troubles de l'oralité chez les enfants autistes se manifestent par une sélectivité alimentaire, des difficultés motrices et une hypersensibilité sensorielle.
  • Une approche pluridisciplinaire, incluant orthophonie, ergothérapie et soutien nutritionnel, est essentielle pour un accompagnement efficace.
  • La patience et la mise en place d'un environnement calme et prévisible favorisent la réduction de l'anxiété liée aux repas et l'élargissement du répertoire alimentaire.

Identifier les Manifestations des Troubles de l'Oralité

Trouble de l'oralité autisme : Comprendre et accompagner les enjeux

Les troubles de l'oralité dans le cadre de l'autisme ne se limitent pas à un simple refus de manger. Ils englobent un large éventail de comportements alimentaires atypiques qui peuvent alerter. Reconnaître ces signes est essentiel pour orienter le bon accompagnement.

Les signes précoces et courants

Dès le plus jeune âge, certains indices peuvent apparaître : difficultés de succion, refus du biberon ou du sein, haut-le-cœur fréquents lors de la diversification alimentaire, ou encore une hypersensibilité au contact autour de la bouche. Une étude a d'ailleurs souligné que les comportements alimentaires atypiques étaient bien plus fréquents chez les enfants autistes (70,4 %) que chez les autres enfants, suggérant qu'ils peuvent être un signal d'alarme précoce.

La sélectivité alimentaire et l'hypersélectivité alimentaire

C'est l'une des manifestations les plus connues. L'enfant ne consomme qu'un nombre très restreint d'aliments, souvent choisis selon des critères stricts : une seule marque de yaourt, des pâtes d'une forme précise, des biscuits qui doivent être intacts. Cette sélectivité peut devenir si extrême que le répertoire alimentaire se réduit à moins de cinq aliments.

La néophobie alimentaire : Refus des aliments nouveaux

La néophobie alimentaire, ou la peur de goûter de nouveaux aliments, est particulièrement intense chez les enfants avec autisme. Toute nouveauté dans l'assiette peut provoquer une anxiété majeure, menant à un refus catégorique avant même d'avoir touché ou senti l'aliment.

Les difficultés sensorielles : textures, odeurs, couleurs, bruits

L'hypersensibilité sensorielle est au cœur du problème. Une texture jugée désagréable (morceaux dans une purée, aliment gluant ou filandreux) peut déclencher une réaction de rejet intense. De même, une odeur trop forte, une couleur inhabituelle ou même le bruit de la mastication des autres convives peuvent rendre le repas insupportable.

Les troubles de la mastication et de la déglutition (dysphagie)

Certains enfants peinent à coordonner les mouvements nécessaires pour une mastication efficace. Ils peuvent garder les aliments en bouche longuement (stase buccale), avaler "tout rond" ou avoir des difficultés à initier la déglutition, ce qui présente des risques de fausse route.

La lenteur de la prise alimentaire et les quantités alimentaires insuffisantes

Le repas peut s'éterniser, chaque bouchée nécessitant un effort considérable. Cette lenteur, combinée à une sélectivité sévère, peut conduire à des apports nutritionnels insuffisants et impacter la courbe de croissance de l'enfant.

Les réactions aversives : réflexes nauséeux, vomissements

Face à un aliment ou une stimulation sensorielle jugée intolérable, l'enfant peut avoir des réflexes nauséeux prononcés, voire des vomissements. Ces réactions ne sont pas un comportement volontaire, mais une réponse physique à une agression sensorielle.

Décrypter les Causes Profondes : Une Sensibilité Particulière

Pour agir efficacement, il faut comprendre que ces troubles alimentaires ne sont que la partie visible d'un fonctionnement neurologique et sensoriel différent.

Les particularités sensorielles et la modulation sensorielle

Les personnes autistes perçoivent le monde différemment. Leur cerveau peut traiter les informations sensorielles de manière hyper (trop intense) ou hypo (pas assez intense). Un aliment à la saveur douce pour une personne neurotypique peut être perçu comme une explosion de goût insupportable pour un enfant autiste.

Les difficultés motrices oro-faciales et praxies bucco-faciales

La sphère orale est une zone motrice complexe. Des difficultés dans la coordination des lèvres, de la langue et des mâchoires (dyspraxie bucco-faciale) peuvent rendre la mastication et la gestion des aliments en bouche très difficiles, transformant le repas en un véritable défi moteur.

Les facteurs comportementaux et émotionnels

L'anxiété et le besoin de prévisibilité, caractéristiques de l'autisme, jouent un rôle majeur. Un aliment inconnu représente une rupture dans la routine, une source d'imprévu angoissante. Les rituels alimentaires (manger dans la même assiette, séparer les aliments) sont des stratégies pour réduire cette anxiété.

L'influence de l'axe cerveau-intestin et du microbiote (aperçu)

La recherche explore de plus en plus le lien entre le microbiote intestinal et le fonctionnement cérébral. Des déséquilibres intestinaux, fréquents chez les personnes autistes, pourraient influencer les préférences alimentaires et la sensibilité viscérale.

Rôle des médicaments (ex: neuroleptiques) sur l'appétit et les sensations

Certains traitements médicamenteux peuvent modifier l'appétit (l'augmenter ou le diminuer) ou altérer les perceptions gustatives, ajoutant une couche de complexité à la gestion du comportement alimentaire.

L'Accompagnement Pluridisciplinaire : Une Équipe pour Soutenir votre Enfant

Trouble de l'oralité autisme : Comprendre et accompagner les enjeux

Face à la complexité des troubles de l'oralité, une approche isolée est rarement suffisante. La clé du succès réside dans un accompagnement coordonné par plusieurs professionnels.

L'évaluation pluridisciplinaire : un premier pas essentiel

Avant toute intervention, un bilan complet est nécessaire pour comprendre l'origine des difficultés. Il permet de distinguer ce qui relève du sensoriel, du moteur, du comportemental ou du médical.

Le rôle crucial de l'orthophoniste : rééducation oro-faciale

L'orthophoniste est souvent le professionnel de première ligne. Il évalue les capacités de succion, mastication et déglutition. Son travail consiste à rééduquer la motricité bucco-faciale par des exercices et des massages pour améliorer la gestion des aliments en bouche.

L'apport de l'ergothérapeute : stimulations sensorielles et adaptation

L'ergothérapeute se concentre sur l'aspect sensoriel. Il aide l'enfant à mieux moduler les informations sensorielles par des activités de désensibilisation progressive et propose des adaptations de l'environnement ou des ustensiles pour rendre le repas plus confortable.

Le soutien du psychomotricien : conscience corporelle et sensorialité

Le psychomotricien travaille sur la conscience du corps, y compris de la sphère orale. Il peut aider l'enfant à mieux investir sa bouche et à diminuer l'anxiété corporelle associée au repas.

L'expertise du psychologue spécialisé : gestion du comportement alimentaire

Le psychologue intervient sur les aspects comportementaux et émotionnels. Il aide à déconstruire l'anxiété liée à la nourriture et à mettre en place des stratégies de renforcement positif pour encourager l'exploration alimentaire.

Le nutritionniste ou diététicien : prévenir la dénutrition et équilibrer

En cas de sélectivité sévère, le suivi par un diététicien est indispensable pour évaluer les apports, prévenir les carences et trouver des stratégies pour enrichir les quelques aliments acceptés par l'enfant.

Le médecin traitant et le pédiatre : coordination de l'accompagnement

Le médecin reste le coordinateur du parcours de soins. Il s'assure qu'aucune cause médicale sous-jacente (reflux, allergies) n'est négligée et oriente vers les spécialistes pertinents.

Stratégies Concrètes au Quotidien : Agir pas à pas

Trouble de l'oralité autisme : Comprendre et accompagner les enjeux

L'accompagnement professionnel est fondamental, mais les progrès se construisent surtout à la maison, jour après jour, grâce à des ajustements simples et une patience infinie.

Aménager l'environnement des repas pour la sérénité

Créez un cadre calme et prévisible. Réduisez les distractions (pas d'écrans, de bruits forts), utilisez une lumière tamisée et assurez-vous que l'enfant est bien installé (pieds en appui). Maintenez une routine claire autour des repas.

Introduire de nouveaux aliments : la désensibilisation progressive

N'imposez jamais de goûter. Proposez une approche graduelle : regarder, sentir, toucher avec les doigts, toucher avec les lèvres, lécher, puis éventuellement croquer une minuscule portion. Un nouvel aliment doit être présenté de nombreuses fois (parfois plus de 15 fois) avant d'être accepté.

Développer les compétences oro-faciales et la mastication

Proposez des jeux qui sollicitent la bouche en dehors des repas : souffler dans une paille, faire des bulles, utiliser des objets de mastication sécurisés (chewies). Ces activités renforcent la musculature et préparent à une meilleure gestion des aliments.

Gérer la sélectivité : élargir le répertoire alimentaire

Partez des aliments que votre enfant aime déjà. Modifiez-les très légèrement (le "food chaining") : si il aime les frites d'une marque, proposez la même marque avec une forme différente, puis une autre marque, puis des frites de patate douce, etc. Séparez bien les aliments dans l'assiette pour éviter les mélanges de textures ou de goûts.

La communication verbale et non verbale autour du repas

Restez neutre et positif. Évitez la pression, les négociations ou les punitions. Parlez des aliments de manière descriptive ("c'est croquant", "c'est rouge") plutôt qu'injonctive ("mange !"). Utilisez des supports visuels (pictogrammes) pour annoncer le menu et rendre le repas prévisible.

Conclusion

L'accompagnement d'un enfant autiste présentant des troubles de l'oralité est un marathon, pas un sprint. La clé réside dans une approche patiente, déculpabilisante et pluridisciplinaire. En comprenant que le comportement alimentaire de votre enfant est une réponse à ses particularités sensorielles et non un caprice, vous changez radicalement de perspective. Les stratégies concrètes, appliquées avec constance, permettent de diminuer l'anxiété, d'élargir progressivement le répertoire alimentaire et de transformer le repas en un moment plus serein pour toute la famille. N'hésitez pas à chercher de l'information et du support auprès de professionnels formés et d'associations. Chaque petit pas, chaque nouvelle texture tolérée, est une victoire immense sur le chemin de l'épanouissement.

Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce qu'un trouble de l'oralité dans le cadre de l'autisme ?

Le trouble de l'oralité autisme regroupe des difficultés liées à la prise alimentaire, telles que la sélectivité alimentaire, les troubles de la mastication et de la déglutition, ainsi que l'hypersensibilité sensorielle autour des aliments. Ces troubles sont liés aux particularités sensorielles et neurologiques propres à l'autisme.

Comment reconnaître les troubles de l'oralité chez un enfant autiste ?

Les signes peuvent inclure un refus fréquent d'aliments, une sélectivité marquée, une peur intense des nouveautés alimentaires (néophobie), des difficultés à mâcher ou avaler, ainsi que des réactions aversives comme des hauts-le-cœur ou vomissements lors des repas.

Pourquoi mon enfant autiste est-il si sélectif dans son alimentation ?

La sélectivité alimentaire est souvent liée à une hypersensibilité sensorielle aux textures, goûts, odeurs ou couleurs des aliments. Le besoin de routine et de prévisibilité, ainsi que des difficultés motrices oro-faciales, peuvent aussi renforcer cette sélectivité.

Quels sont les risques liés aux troubles alimentaires chez les enfants autistes ?

Ces troubles peuvent entraîner des apports nutritionnels insuffisants, un risque de dénutrition, des carences alimentaires, et impacter la croissance et la santé générale de l'enfant. Une évaluation et un accompagnement adaptés sont essentiels pour prévenir ces conséquences.

Qui consulter en cas de troubles de l'oralité chez un enfant autiste ?

Il est recommandé de consulter un médecin traitant ou un pédiatre qui pourra orienter vers une équipe pluridisciplinaire incluant orthophoniste, ergothérapeute, psychologue et diététicien pour une évaluation complète et une prise en charge adaptée.

Comment accompagner mon enfant au quotidien face aux troubles de l'oralité ?

Il est important d'adopter une approche patiente et bienveillante, en aménageant un environnement calme et prévisible, en introduisant les nouveaux aliments progressivement, et en travaillant les compétences oro-faciales avec des professionnels. La communication positive et l'absence de pression sont également essentielles.

Existe-t-il des traitements pour améliorer les troubles de l'oralité chez les enfants autistes ?

La prise en charge repose sur des interventions pluridisciplinaires adaptées aux besoins de chaque enfant. La rééducation oro-faciale, les stimulations sensorielles, le soutien psychologique et l'accompagnement nutritionnel sont les piliers du traitement.

Les troubles de l'oralité disparaissent-ils avec l'âge ?

Les progrès sont possibles avec un accompagnement adapté, mais les troubles de l'oralité peuvent persister à différents degrés selon le profil de l'enfant. La prise en charge précoce favorise de meilleurs résultats à long terme.

Comment gérer les repas en collectivité pour un enfant autiste avec troubles de l'oralité ?

Il est conseillé de préparer l'enfant en amont, de maintenir une routine stable, de limiter les stimulations sensorielles (bruit, odeurs, lumière), et d'adapter l'environnement pour réduire l'anxiété liée aux repas partagés.

Où trouver des ressources et du soutien pour les troubles de l'oralité dans l'autisme ?

De nombreux professionnels de santé, associations spécialisées et services dédiés au TSA peuvent offrir conseils, formations et accompagnement. N'hésitez pas à vous rapprocher de ces ressources pour bénéficier d'un soutien adapté.

Contenu original de l'équipe de rédaction d'Upbility. La reproduction de cet article, en tout ou en partie, sans mention de l'éditeur est interdite.

Références

  • Maison de l'Autisme. (2024). Particularités alimentaires chez les personnes avec autisme : repérer, comprendre, accompagner. Consulté sur https://maisondelautisme.gouv.fr/fiches-pratiques-autisme/particularites-alimentaires-autisme
  • Centre IMIND. (2024). Dénutrition : trouble du comportement alimentaire ou autisme ? Consulté sur https://centre-imind.fr/denutrition-trouble-du-comportement-alimentaire-ou-autisme
  • Pédiatre Online. (2023). L’autisme, qu’est-ce que c’est ? Consulté sur https://www.pediatre-online.fr/comportement-developpement/lautisme-quest-cest
  • TEDDYS School. (2023). Sélectivité alimentaire et autisme : définition et conseils. Consulté sur https://www.teddys-school.com/ressources-gratuites/articles/selectivite-alimentaire
  • Handiconnect. (2023). Troubles du spectre de l’autisme : La prise en charge diététique. Consulté sur https://handiconnect.fr/fiches-conseils/h15-troubles-du-spectre-de-lautisme-la-prise-en-charge-dietetique

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